Vagues invisibles

Bientôt disponible
Pour la photo du film, signée Christopher Doyles, chef opérateur de Wong Kar Wai (entre autres)
Policier / Suspense - 2006 - Thaïlande - 115 MIN - interdit aux moins de 10 ans

Un jeune cuisinier japonais, Kyoji, a pour maîtresse la femme de son patron. Lorsque ce dernier lui demande de supprimer l’épouse adultère, Kyoji s’exécute et l’empoisonne. Toujours avec l’aide de son patron, il part en Thaïlande, dans l’espoir de se faire oublier. Sur le bateau qui le mène à Phuket, il fait la connaissance de Noi, une belle et mystérieuse jeune femme qui voyage avec son bébé. Mais peu à peu, Kyoji s’aperçoit qu’il est suivit et que ses nouveaux amis sont de potentiels ennemis...     

Réalisé par

6.3 / 10
1MNavant
2MNaprès
Yves Montmayeur
Yves Montmayeur
CHRONIQUEUR

Pen-ek Ratanaruang est certainement un grand amateur de films noirs.

De ceux qui cultivent des ambiances lentes et hypnotiques.

Avec Vagues Invisibles on peut même presque parler d’un polar karmique !

Le film, tourné en 2006 est en effet construit comme une sorte de mantra bouddhiste, circulaire et labyrinthique, qui répète les mêmes motifs visuels, les mêmes lieux décrépis et abandonnés. Tout étant prétexte à développer un jeu de situations tragi-comiques, qui renvoie sans cesse le spectateur à l’absurdité de la vie humaine.

Le réalisateur thaïlandais a l'art de compliquer à plaisir une intrigue, somme toute, assez banale : un cuisinier japonais exilé à Phuket est engagé par son patron pour tuer sa femme.

Il va alors se retrouver poursuivi par un tueur mystérieux qui l’oblige à fuir d’île en île – Hong- Kong, Macao, Phuket – dans une errance qui se fige finalement en un véritable sur-place.

Comme toujours chez Pen-Ek, le film se dévoile lentement, en un long tâtonnement sensuel où l’histoire n’est finalement qu’un piège de faux semblants où le spectateur se perd dans une atmosphère aussi troublante qu’inquiétante.

Il s’amuse aussi, par exemple, à interrompre subitement son intrigue, le temps d'une longue pause burlesque, qui semble sortir d'un film de Buster Keaton ou des frères Coen. Et puis Pen ek réussit aussi des scènes assez spectaculaires, comme dans l’affrontement final qui nous abandonne avec un sentiment de malaise bien après la fin du film.

Pas de doute donc, Pen-ek Ratanaruang est un pur maniériste de la forme !

Et comme tout maniériste, il a ce travers de sacrifier parfois la compréhension de son récit elliptique pour mieux se concentrer sur les ambiances visuelles.

Chaque plan étant conçu pour distilller une émotion purement plastique.

Une approche esthétique puissement mise en forme par le genial chef opérateur Christopher Doyle, l’ex-partenaire de Wong karwai, et dont la beauté flottante de la photo crée ici un étrange sentiment de somnanbulisme general, qui contribue indéniablement à la fascination magnétique de Vagues Invisibles.

Contexte

Pen-Ek Ratanaruang

TABOU

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