VELVET GOLDMINE

Bientôt disponible
Parce que le scénario du film s'inspirait de David Bowie avant d'être réécrit
Drame - 1998 - Royaume-Uni - 123 MIN - Tous publics
Un journaliste enquête sur l'assassinat d'une star du rock, lors d'un concert, dix ans plus tôt. Il est de plus en plus fasciné par celui dont il cherche à reconstituer la vie, une vie faite de moments forts, toujours décadents et provocateurs. Il se pose notamment des questions sur sa propre sexualité, son idole ayant été porteur d'un modèle androgyne bien dans l'air de ce temps où triomphait le glam rock.

Réalisé par

6.7 / 10
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Les avis sur Sens Critique
Yves Alion
Yves Alion
CHRONIQUEUR
L'objectif de Velvet goldmine est clairement de nous plonger dans l'ambiance du début des années 70, quand le rock est devenu glam, affichant un certain goût pour la décadence, l'ambiguité sexuelle, la provocation et les paillettes. Tout à coup Woodstock et ses glissades dans la boue avait laissé la place à un second degré qui ouvrait la porte aux idées les plus folles. Quasiment en temps réel, Brian de Palma, qui avait senti le vent, nous avait offert un Phantom of the paradise des plus réjouissants. Velvet goldmine se situe dans cette mouvance, à ceci près que le recul du temps peut laisser supposer un brin de nostalgie chez Todd Haynes, le signataire du film. Ce n'est pas par hasard si l'action se déroule outre-Manche. Car si le glam a également touché les Etats-Unis, Alice Cooper ou les New York Dolls étant d'éminents représentants du mouvement, c'est d'abord un phénomène britannique. Mott the Hoople, Roxy Music, T. Rex, Queen et bien sûr David Bowie dans sa période Ziggy Stardust en sont l'incarnation la plus éclatante.

Bowie est d'ailleurs de toute évidence le modèle du personnage de Brian Slade. Les initiateurs du film avaient la ferme intention d'acheter les droits d'une dizaine de chansons du flamboyant artiste. Aladin Sane ou The man who sold the world auraient été à leur place dans le film. Mais Bowie n'a pas voulu. Certains pensent qu'il avait l'ambition de se mettre en scène lui-même dans un film qui aurait alors fait double emploi. Mais plus certainement le chanteur n'a pas aprécié d'apprendre que le scénario de Velvet goldmine avait puisé des anecdotes dans des livres qu'il récusait: Stardust, the David Bowie story et Backstage passes, ce dernier étant signé par Angela Bowie, son ex. Par crainte de poursuites judiciaires, les auteurs ont dû renoncer à cibler le personnage de Bowie de façon trop explicite. Reste que Velvet goldmine est aussi une chanson de l'artiste. Enregistrée à l'époque de Hunky Dory, elle ne sera éditée qu'en 1975, en face B d'une réédition de Space oddity.

Si Bowie est au coeur du film, les clins d'oeil ne manquent pas en direction d'autres stars du rock. Le personnage de Curt Wild est visiblement inspiré d'Iggy Pop, le leader des Stooges et de Lou Reed, qui venait de quitter le Velvet Underground pour mener une brillante carrière solo. L'un et l'autre avaient d'ailleurs eu affaire à Bowie à l'époque. Qui s'était également chargé de relancer la carrière de Mott the Hoople. Ce n'est sans doute pas un hasard si le nom de scène de Brian Slade est Maxwell Demon et que son groupe porte de le nom de Venus in furs. Parce que Maxwell Demon était le nom du groupe de Brian Eno avant qu'il n'intègre Roxy Music, et que Venus in furs est l'une des chansons phare du Velvet Underground. Courtney Love, du groupe Hole, qui est incidemment la veuve de Kurt Cobain a cru déceler pour sa part des ressemblances entre le personnage de Curt Wild et le défunt leader de Nirvana. Or Nirvana n'avait rien à voir avec le glam.
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