VILLE à VENDRE

À partir de 8.99 €
Parce que le film dénonce les excès des labos pharmaceutiques, ce qui était à l'époque pure fiction bien sûr
Drame - 1992 - France - 100 MIN - VF - Tous publics
A Moussin, petite ville de l'Est de la France, la majorité des habitants sont au chômage mais touchent secrètement d'avantageuses allocations de la part de la municipalité. Cette tranquillité factice est bientôt troublée par l'assassinat de la pharmacienne Delphine Martinet, qui s'apprêtait faire des révélations compromettantes. Le maire et la gendarmerie laissent croire à une mort naturelle. Mais Orphée, un routard de passage, a assisté au meurtre. Avec l'aide d'Elvire, une préparatrice en pharmacie décidée à venger sa patronne, il va mener l'enquête et découvrir des malversations de la part de grandes multinationales acoquinées avec les notables du coin.

Réalisé par

5.9 / 10
1MNavant
2MNaprès
Les avis sur Sens Critique
Sylvain Angiboust
Sylvain Angiboust
CHRONIQUEUR

Se définissant comme un journaliste, Mocky a un regard acéré, puise ses sujets dans des faits de société. Moraliste, il dénonce les travers de l’espèce humaine. Esprit révolté contre les injustices, il pratique un cinéma qui gratte, parfois prémonitoire. Son goût pour le fantastique le colore de détails insolites, d’ambiances noires et de trognes bizarres. La satire se mue en inquiétante allégorie. Ville à Vendre en est un parfait exemple. Le cadre social est celui d’une France ravagée par le chômage, désindustrialisée. Moussin, petite ville délabrée, dont Michel Serrault est le député-maire, aux commerces fermés, aux usines détruites, illustre littéralement l’expression de ville morte. Elle est un avant-goût de l’Enfer dans lequel le personnage de Tom Novembre, prénommé Orphée, va descendre.

Inlassable voyageur, sillonnant la France à la recherche des endroits les plus expressifs, Mocky a choisi le bassin minier de la Lorraine. En 1991, il est fortement sinistré, les puits ferment les uns après les autres, jetant toute une population ouvrière au chômage. Tourné dans des coins reculés comme Joeuf, Rombas, Homécourt et Amnéville, son film bénéficie de décors réalistes, symboles d’une sidérurgie en déroute. Le cinéaste s’est installé sur les terrains d’usines fermées et a même pu profiter de la destruction d’un site, filmée en début du tournage.

Plus cynique et désabusé que ne le serait un cinéaste lyrique de la cause ouvrière, Mocky filme des chômeurs hébétés et hilares, engraissés par des allocations généreuses. Mais le taux d’embolie à Moussin dépasse largement celui de la moyenne nationale. A l’arrivée d’Orphée, les notables suspects meurent les uns après les autres. Son enquête révèlera un scandale comme Mocky les affectionne. Bel héritier du cinéma français d’avant-guerre, le réalisateur ne lésine pas sur les personnages. Son infernale radioscopie prend les allures d’un grand jeu de massacre, la construction dramatique qu’il pratique avec le plus d’entrain. Autour de Serrault, Jacqueline Maillan, Feodor Atkine, Daniel Prévost, Richard Bohringer, Dominique Lavanant, Eddy Mitchell, Michel Constantin, Darry Cowl, Philippe Léotard, Bernardette Lafont, Valérie Mairesse, Pascale Petit prennent la tête de sa monstrueuse parade.

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Contexte

Michel Serrault

Un chirurgien accusé d'avoir assassiné sa femme est en réalité victime d'un complot fomenté par un redoutable laboratoire, sur le point de commercialiser un médicament aux effets secondaires indésirables.

Jean-Pierre Mocky

Les laboratoires pharmaceutiques sont des "méchants" de cinéma décidément d'actualité...Ou quand l'intérêt privé prime sur le bien-être des populations !

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