Bande Annonce de WAR REQUIEMDécouvrez la bande Annonce de WAR REQUIEM sur FilmoTVhttp:////content.filmotv.fr/elts/programmes/5990/fond/5990_w_500.jpg
Derek Jarman
Lawrence OlivierNathaniel ParkerNigel TerryPatricia HayesTilda SwintonAlex JenningsClaire DavenportOwen TealeSean Bean

WAR REQUIEM

89 mn

Note de SensCritique :

/ 10
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Réalisateur : Derek Jarman.

Casting : Lawrence Olivier, Nathaniel Parker, Nigel Terry, Patricia Hayes, Tilda Swinton, Alex Jennings, Claire Davenport, Owen Teale. Sean Bean

Synopsis : Sur la musique de Benjamin Britten, une évocation des poèmes de Wilfred Owen qui décrivent avec lyrisme l'horreur de la guerre des tranchées. L'histoire est celle d'un soldat, Owen lui-même, confronté à la mort, et d'une infirmière sur le front...

Scénario : Derek Jarman.
Musique : Benjamin Britten.
Pays : Royaume-Uni
Tags : Comédie, Guerre / Western, Avec de la musique, A l'armée, Visions de la Première Guerre mondiale.

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Au billard, les coups à trois bandes sont souvent spectaculaires. Mais il est aussi des films qui ricochent. C’est le cas de celui qui nous intéresse ici. War Requiem, c’est d’abord un texte. Un ensemble de poèmes signés Wilfred Owen, l’un des plus grands poètes britanniques, dont l’œuvre est en grande partie consacrée à la guerre des tranchées.

Moins lyriques, moins cocardiers aussi que ceux d’un Thomas Hardy, ses vers expriment  à merveille les souffrances du soldat sur le front. Un front où notre homme laissera sa peau, à Ors, près du Cateau-Cambrésis, le 4 novembre 1918. Soit une semaine avant la fin du conflit.

Mais War Requiem est aussi une œuvre musicale. Composée par Edward Benjamin Britten, que d’aucuns considèrent comme le plus grand musicien anglais depuis Henry Purcell. Auteur de nombreux opéras, dont plusieurs sont issus de chefs d’œuvre de la littérature, Billy Budd, Le Songe d’une nuit d’été, Mort à Venise, de musique de chambre et de plusieurs œuvres vocales, instrumentales ou chorales, Britten est aujourd’hui célébré dans le monde entier. Son War Requiem fut créé en 1962 pour la reconsécration de la cathédrale de Coventry, détruite par des bombardements. Britten a considéré que l’occasion était belle de montrer son aversion pour la guerre. Mais War Requiem est aussi un film de Derek Jarman.

Un film atypique, underground, dérangeant, mais qui cadre parfaitement tant à l’esprit pacifiste de l’œuvre de Owen et Britten qu’aux tourments baroques de celle de Jarman. A l’exception des premières minutes du film, où l’on voit Laurence Olivier sous les traits d’un vieux soldat, déclamant des vers d’Owen, le film est muet. Ou plus exactement il propose des images muettes qui se marient à un enregistrement de l’œuvre de Britten, le plus connu, celui du London Symphony Orchestra dirigé par Britten lui-même, avec Vichnevskaïa, Fischer-Dieskau et Pears comme solistes. D’une certaine manière le film peut être perçu comme un clip géant où s’entrechoquent des images d’archives, des scènes réalistes de reconstitution et d’autres plus métaphoriques. Le tournage a eu lieu dans un hôpital du Kent, en octobre 1988, il a duré 18 jours. Il reste l’un des plus marquants de son auteur.

Au cœur du film, Tilda Swinton, qui pour l’occasion revêt une blouse d’infirmière. Mais peu importe serait-on tenté de dire, tant la comédienne fait intrinsèquement partie de l’œuvre de Jarman. Elle est sa muse. C’est Jarman qui lui a mis le pied à l’étrier, en 1986, avec Caravaggio. Avant de devenir la star cosmique que l’on sait, et de mettre entre parenthèses son allure androgyne, elle ne rechignait pas à explorer des chemins cinématographiques qui en rebutaient tant d’autres. Elle tournera sept fois sous la direction de Jarman. Et il y a fort à parier que l’un et l’autre n’en seraient pas restés là si la mort n’était venu cueillir Jarman plus tôt qu’à son tour.

On l’aura compris, War Requiem n’est pas un film lourdement pédagogique sur la Première guerre mondiale. Plutôt un poème cinématographique dont la figure centrale est un homme disparu depuis un siècle mais pour lequel le cinéaste exprime une empathie peu commune. Fraternité des arts, sans doute. Mais Jarman était aussi un militant de la cause homosexuelle et c’est tout naturellement que son récit s’attarde sur la dimension amoureuse de son héros. Certaines images métaphoriques évoquent le martyre de Saint Sébastien, à qui Jarman a consacré auparavant l’un de ses films, à l’érotisme assumé et parlé en latin, Sébastiane. D’une certaine manière ce War Requiem est aussi un film sur le sida, qui faisait alors rage dans les milieux gay. Jarman en était lui-même atteint. Il avait d’ailleurs obtenu un certain nombre de financements en avançant que War Requiem serait son dernier film.

Un argument dont il s’est resservi une bonne demi-douzaine de fois, puisque ce film n’est pas son dernier, tant s’en faut. Au finale, l’œuvre du cinéaste est assez nourrie, foisonnante même, mélange de clips, de courts métrages et de longs, toujours singuliers. Il faut dire que notre homme était entré dans le cinéma en travaillant avec Ken Russell sur le plateau de son film sans doute le plus baroque, Les Diables, où la folie, la mort et le désir se donnaient déjà la main. Passionné d’histoire, Jarman a livré quelques portraits de figures du passé qui sont restés dans les annales, Le Caravage ou Edouard II. Mais quel que soit son désir d’aborder des sujets que les autres rechignaient à visiter, c’est sur le plan formel que Jarman restera dans les mémoires. Son dernier opus, Blue, ne propose qu’une seule image, d’un bleu uniforme, qui ne quitte pas l’écran pendant toute la durée du film, la bande-son nous apportant quant à elle des informations sur l’évolution de sa maladie.

Mais il est un autre malade à qui le film rend justice, c’est Laurence Olivier. L’acteur de tous les superlatifs, le comédien le plus doué de sa génération, récipiendaire de neuf Oscars, pas moins, et fin connaisseur de l’œuvre de Shakespeare, dont il adapta trois des pièces à l’écran, Henry V, Hamlet et Richard III. This is the winter of my discontent… Lui le faisait mieux. Parlant de sa voix, le critique Kenneth Tynan avait dit qu’elle reste à tout jamais dans la mémoire de ceux qui l'ont entendue à son mieux. Elle résonne claire et barbare à travers la vallée des siècles comme l'appel du cor de chasse. Un cor dont les dernières notes sont dans ce Requiem au titre prophétique. Laurence Olivier ne jouera plus jamais, et il mourra quelques mois plus tard.
le contexte
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