WOYZECK

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Pour les excès de Klaus Kinski, dont chaque apparition chez Herzog s'est révélée hors norme
Drame - 1979 - Allemagne - 80 MIN - Tous publics

Friedrich Johann Franz Woyzeck est un simple soldat dans une petite ville de garnison allemande, au milieu du XIXe siècle. Systématiquement humilié par ses supérieurs, il devient le cobaye d’un médecin aux expérimentations étranges afin d’apporter un peu plus d’argent à Marie, la femme qu’il aime et qui élève son fils illégitime. Mais un jour, Marie jette un œil sur le fringant tambour-major qui dirige l’orphéon...

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6.8 / 10
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Les avis sur Sens Critique
Laurent Bourdon
Laurent Bourdon
CHRONIQUEUR

C’est en 1972 que, pour la première fois, Werner Herzog fit appel à Klaus Kinski, afin d’incarner le héros, sombre et illuminé à la fois, de Aguirre, la colère de Dieu, un film historique et métaphorique qui reçut un excellent accueil, offrant au cinéaste et à l’acteur une première reconnaissance critique et publique internationale. En effet, les nombreux courts métrages et les cinq premiers longs métrages de Werner Herzog n’avaient pas suffi à attirer durablement l’attention sur lui et la filmographie de Klaus Kinski croulait, à cette époque et depuis le milieu des années 1950, sous une avalanche d’invraisemblables séries B et Z, du genre Mabuse attaque Scotland Yard ou Kali Yug, Déesse de la vengeance !

 

Après ce premier grand succès, le cinéaste poursuit sa carrière avec, entre autres, l’Enigme de Kaspar Hauser – Prix spécial du jury au 28e festival de Cannes – et la Ballade de Bruno – récompensé par l’association de la critique allemande –, pendant que l’acteur, se faisant un peu plus rare, apparaît dans des films plus ambitieux, comme l’Important c’est d’aimer, d’Andrzej Zulawski, Un génie, deux associés, une cloche, de Damiano Damiani, Mort d'un pourri, de Georges Lautner et même l’austère Chanson de Roland, de Frank Cassenti.

 

En 1978, sept ans après le tournage d’Aguirre, Werner Herzog confie à Klaus Kinski le rôle titre de Nosferatu, fantôme de la nuit, le remake du fameux classique de Friedrich Wilhelm Murnau. On y retrouve, aussi, Isabelle Adjani, Bruno Ganz, Jacques Dufilho et Roland Topor dans le rôle de Renfield, l’agent immobilier devenu fou, rôle qu’avait tenu Kinski, huit ans plus tôt, face à Christopher Lee en vampire, dans les Nuits de Dracula, de Jess Franco.

 

Une fois Nosferatu en boîte – façon de parler ! – Herzog décide d’enchaîner immédiatement avec le tournage d’une production, certes, plus légère mais dont il entame le tournage, avec Klaus Kinski, après un unique week-end de repos ! C’est ainsi que, épuisé par son rôle de vampire transylvanien, le comédien va devenir l’infortuné fusilier allemand, jaloux et systématiquement humilié, Friedrich Johann Franz Woyzeck.

 

Dans le rôle de Marie, la femme qu’aime le pauvre Woyzeck, vous reconnaîtrez la comédienne allemande, Eva Mattes qu’Herzog avait déjà dirigée dans la Ballade de Bruno et que l’on avait souvent vue chez Fassbinder. Elle y avait été, entre autres, la sœur de Petra dans les Larmes amères de Petra von Kant, en 1972 et la fille d’Elvira (ex-Erwin), la transsexuelle de l’Année des treize lunes, en 1978. Un an après Woyzeck, elle sera la triste héroïne de Allemagne mère blafarde, d’Helma Sanders-Brahms et, en 2001, Jean-Jacques Annaud lui confiera le rôle de Madame Filipov, la mère du pauvre cordonnier pendu par les nazis, dans Stalingrad. En mai 1979, pour sa prestation dans le film que vous allez voir maintenant, le jury du 32e festival de Cannes, présidé par Françoise Sagan, attribua à Eva Mattes, le prix du « meilleur rôle de composition féminin ».

 

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Contexte

Caserne, militaires, jalousie, folie...

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