Il est loin le temps où il était de bon ton de ricaner sur l’image radicale de Clint Eastwood, l’homme sans nom qui mâchonnait des cigarillos chez Sergio Leone, le lieutenant américain qui envoyait « ad patres » la moitié de l’armée allemande au moins dans Quand les aigles attaquent, ou encore Dirty avec son Magnum Force dans la main droite et son hamburger dans la main gauche.
Tout a évolué progressivement dans les esprits quand Eastwood est devenu dans les années 70 un réalisateur à part entière, un grand metteur en scène qui signe des films aussi mémorables que Josey Wales Hors la Loi, sur la route de Madison, ou Mystic River pour n’évoquer que trois des trente titres affichés à ce jour à son palmarès. Certes des films riches, mais des films qui curieusement sont consensuels sans que l’on en comprenne trop les raisons, jusqu’à faire de son auteur une sorte d’icône…
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Les rocks stars entretiennent des rapports singuliers avec le cinéma. D’un côté ils le désirent en tant que véhicule privilégié de leur image. De l’autre ils ont du mal à le maitriser tant celui-ci obéit à des règles différentes de la scène ou du disque. D’où des décalages curieux, souvent passionnants. L’illustration est disponible en ce moment dans notre festival « Rock Stars », avec en haut de l’affiche Madonna, Mick Jagger, Elvis Presley et Bob Dylan.
Michael Jackson ne pouvait se prévaloir dans son palmarès des titres équivalents à ceux des précités, même s’il fut dirigé par John Landis, Francis Coppola et Martin Scorsese dans des clips qui empruntaient le meilleur du cinéma. Le reste se révèle plutôt pauvre, une apparition aux côtés de Diana Ross dans the Wiz, un cameo de quinze secondes dans Men In Black II. C’est tout. Ou presque.
Ce « presque » s’applique en fait à Moonwalker, un film oublié chez nous, une sorte de bric à brac tourné à Neverland regroupant les obsessions de Bambi, des clips (notamment de « Smooth Criminal ») adossés à une histoire dans laquelle Michael et quelques enfants luttent contre un parrain de la drogue. Parce que sans ascendant ni descendant, Moonwalker demeure une véritable curiosité. Les circonstances lui procurent aujourd’hui une curieuse résonnance.
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