Année de sortie française
Entretien avec Jules Dassin partie 1, Entretien avec Jules Dassin partie 2, Entretien avec Patrick Brion
A New York, deux policiers, le vieil inspecteur Muldoon et son coéquipier Halloran, mènent l'enquête sur l'assassinat d'une jeune femme. Muldoon pense que le vol d'un bijou peut être le mobile du meurtre, car le saphir noir que portait la victime a été dérobé. On découvre alors le corps d'un des deux agresseurs, qui a jeté à l'eau par son complice. L'identification permet de remonter jusqu'à un nommé Garzah, que commanditait un médecin. Cerné par la police sur le pont de Brooklyn, Garzah est promptement abattu.
Tourné en 1948, La cité sans voiles est un film pionnier, réalisé dans les rues de New York et qui va introduire le néoréalisme dans le thriller. C'est le 9 ème film de JULES DASSIN, qui en a tourné sept pour la MGM où il était sous contrat pendant quatre ans et qui en plein dans sa deuxième période dominée par le film noir . Il est alors produit par MARK HELLINGER qui fut d'abord journaliste, auteur dramatique, scénariste, notamment des Fantastiques années 20 de Raoul Walsh, puis producteur à la Warner. Il devient indépendant avec Les Tueurs de Robert Siodmak en 1946 suivi des Démons de la Liberté en 1947 , son premier film avec Jules Dassin. Le scénario est cosigné par MALVIN WALD qui écrira le magnifique Outrage d'Ida Lupino et ALBERT MALTZ déjà auteur de Cape et poignard de Fritz Lang. Dans les rôles principaux, BARRY FITZGERALD a déjà eu Oscar en 44 pour La route semée d'étoiles de Leo Mc Carey. HOWARD DUFF a fait ses débuts l'année précédente dans Les démons de la liberté, tout comme très belle DOROTHY HART qui a décroché un contrat chez Universal avec Gunfighters.
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La ville de NEW YORK est donc la star de ce film noir, un genre habituellement associé à des univers sophistiqués et glamour. Mais pas assez au goût de JULES DASSIN qui sort en larmes de son avant-première, MARK HELLINGER ayant fait remonter le film dans son dos pour y ajouter l'omniprésence de sa propre voix off. A la grande surprise du studio UNIVERSAL, en 1949 LA CITE SANS VOILE reçoit 3 nominations aux Oscar, dont celle de la meilleur photo pour WILLIAM H. DANIELS qui dévoile les recoins de la ville en se servant d'un camion avec miroir sans tain pour éviter que la foule ne regarde la caméra. Cette approche semi documentaire du genre policier est tellement novatrice qu'à la même époque, Henry Hathaway s'engouffre aussi dans cette brèche réaliste avec 13 rue Madeleine et Appelez Nord 777. Don Siegel, Robert Aldrich et William Friedkin suivront. Quant aux acteurs : l'irlandais BARRY FITZGERALD, de son vrai nom William Shields, malgré sa petite taille d'1m 63, il poursuivra une grande carrière d'acteur de composition notamment chez John Ford. Dans L'Homme tranquille il retrouvera son frère Arthur Shields qui fut un Républicain acharné au moment de la guerre civile en Irlande. HOWARD DUFF apparaîtra dans nombreux films d'action de série B et épousera Ida Lupino en 51. DOROTHY HART sera la Jane de Lex Barker, alias Tarzan en 52, avant de quitter Hollywood. Le grand écrivani ALBERT MALTZ fera malheureusement partie des « 10 de Hollywood » bientôt fichés par Mc Carthy et emprisonnés. Après un dernier film aux Etats-Unis, Les Bas-fonds de Frisco en 49, JULES DASSIN dénoncé comme communiste, sera aussi mis à l'écart du système hollywoodien . Il s'exilera en Europe dans d'autres univers urbains à Londres, pour Les Forbans de la Nuit et à Paris pour Du rififi chez les hommes.