EDUCATION ANGLAISE

À partir de 2.99 €
Pour retrouver l'ambiance (en plus délurée) du journal d'une femme de chambre
Érotique - 1983 - France - 90 MIN - VF - interdit aux moins de 16 ans
France, années 30. Victime du cynisme de son tuteur, la jeune Sylvie Dumarçay est placée dans une pension dirigée par une directrice sévère, adepte des châtiments corporels hérités des méthodes anglaises. Un truand en fuite s'y réfugie et se travestit en répétitrice pour se cacher de la police. Il séduit la directrice et fait bientôt régner un climat pervers, usant de son autorité pour assouvir ses penchants sadiques. Peu à peu, Sylvie passe du statut de victime éplorée à celui de bourreau, découvrant, avec l'aide experte de "la répétitrice", tout le plaisir qu'elle peut prendre à faire souffrir les autres. Elle prendra ainsi sa revanche sur son tuteur.

Réalisé par

4.8 / 10
1MNavant
2MNaprès
Christophe Bier
Christophe Bier
CHRONIQUEUR

« Sade dans les chaumières à la portée des spectateurs du boulevard Barbès. » Ainsi parla un membre de la Sous-commission du CNC pour disqualifier, non sans une pointe de racisme, Education anglaise. Il y a belle lurette que nous, cinéphiles déviants, prenons à contre-pied les diatribes morales des curés et des censeurs. Plus ceux-là s’offusquent, plus nous flairons l’œuvre de qualité. Laquelle ne s’inspire pas tant de Sade que de toute une littérature flagellante surannée, située dans l’entre-deux-guerres, mais qui n’avait jusqu’alors jamais inspiré les cinéastes.

Son producteur-réalisateur, Jean-Claude Roy, reprend le contexte social antisémite du Journal d’une femme de chambre de Bunuel pour y recréer l’univers fétichiste obsessionnel de ces romans, renfermés sur leurs fantasmes. Il respecte les lois du genre : une orpheline naïve et vierge en proie aux vices des adultes dépravés et un lieu clos ô combien propice aux égarements, une pension de jeunes filles où règne une discipline stricte, inspirée des méthodes dites anglaises. Tout est donc réuni pour un théâtre qui répartit les rôles entre domination et soumission.

Saphisme au dortoir et fessées pédagogiques sont des amuse-gueules face aux jeux dégradants imaginés par la nouvelle gouvernante, personnage central du récit, grâce à qui tout se dérègle. L’idée de génie est d’avoir fait jouer cette éducatrice sadienne par Jean-Claude Dreyfus. Ambigu et travesti, il fait basculer le film dans une fébrilité sexuelle qui justifie l’érotisme le plus baroque. On oublie alors les allusions politiques aux Croix-de-feu du colonel de La Rocque pour savourer avec gourmandise des moments de pures fantaisies SM comme nous en avions rarement vus en 1983 dans un film français.

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