LE KID DE CINCINNATI

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A la Nouvelle Orléans, un jeune as du poker se retrouve, dans un tournoi, face au vieux champion.
Drame - 1966 - Etats-Unis - 102 MIN - VF - Tous publics

Eric Stoner, alias le Kid de Cincinnati est une star montante du poker à la Nouvelle Orléans. Son ami et manager «Le Tireur» organise une rencontre avec Lancey Howard, le champion jusque-là invaincu, de passage en ville. L’affrontement dure plusieurs jours, au terme desquels un seul sortira vainqueur. Mais lequel ?

Réalisé par

7.1 / 10
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Les avis sur Sens Critique
Isabelle Danel
Isabelle Danel
CHRONIQUEUR

Le kid du titre est un jeune joueur de poker issu de la classe ouvrière, un enfant de la rue, comme le montre la magnifique séquence d’ouverture. Il vit avec une jeune fille simple, venue de la campagne, et son talent pour les cartes pourrait le propulser hors de son milieu d’origine, parmi les riches et les puissants. Ce scénario classique et un casting mêlant des jeunes pousses (Steve McQueen, Tuesday Weld, Ann-Margret) et de vieux routards de l’écran (Edward G. Robinson, Karl Malden, Joan Blondell), font du Kid de Cincinnati une nouvelle variation sur le rêve américain version année 1965.

Face à Steve McQueen, acteur de trente-cinq ans qui s’est frayé son chemin vers le sommet et est alors tout auréolé de ses succès dans la série télévisée Au nom de la loi et dans des films tels que Les Sept Mercenaires ou La Grande Evasion, le "tenant du titre" est l’imposant Edward G. Robinson. Agé de 72 ans, Robinson trimballe avec lui tous les personnages qu’il incarna à l’écran chez John Ford, Fritz Lang, ou Billy Wilder, à commencer par celui qui marqua ses débuts en 1930, l’année même de la naissance de Steve McQueen : le gangster à l’ascension irrésistible du Petit César (Little Caesar) de Mervyn LeRoy.

Le Kid de Cincinnati aurait dû marquer les débuts de la collaboration entre Steve McQueen et le réalisateur Sam Peckinpah. Ce dernier avait en effet commencé le tournage de cette adaptation d’un roman de Richard Jessup, avec, face à l’acteur, Spencer Tracy dans le rôle de Lancey Howard et Sharon Tate dans celui de la compagne du Kid. Mais, le producteur, Martin Ransohoff, était contre l’utilisation du noir et blanc à laquelle Peckinpah tenait, et il n’aurait pas supporté l’ajout d’une scène d’amour osée, non prévue au scénario. C’est donc Norman Jewison, réalisateur de télévision jusque-là préposé, au cinéma, aux comédies suaves avec Doris Day, qui reprit le projet avec un nouveau scénario et d’autres acteurs pour entourer McQueen. La noirceur de Peckinpah aurait sans doute apporté autre chose au film. Dans la version de Jewison, deux mythologies (celle des comédiens et celle des personnages) s’affrontent dans la grande scène de poker d’une durée de trente-cinq minutes. Une mémorable guerre des nerfs, dont un seul sortira vainqueur : et rien que pour ça, Le Kid de Cincinnati vaut le détour.

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