RAPHAËL OU LE DÉBAUCHÉ

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Ce film rend justice à la mélancolie qui traversait le visage de Maurice Ronet dans un de ses meilleurs rôles
Drame - 1971 - France - Tous publics

En 1830, Aurore, belle veuve qui se rit de tous les hommes la courtisant, fait la connaissance de Raphaël de Lorris, séducteur et noctambule invétéré, qui noie son ennui dans le vin et cherche son oubli dans la conquête des femmes. Un soir, il se glisse dans sa chambre et tente d’abuser d’elle, mais après lui avoir résisté, Aurore s’offre à lui, ce qui le désarme. Le lendemain, s’attendant à sa visite, elle finit par se rendre chez lui. Aurore, mariée trop jeune à un homme plus âgé, imposé par sa famille, réalise que, pour la première fois de sa vie, elle est amoureuse. Raphaël l’humilie avant de la raccompagner à son domicile, troublé par son courage.

Il finit par lui avouer son amour pour elle, en même temps que son impossibilité : elle est une reine, il est indigne d’elle. Aurore décide alors de descendre de son piédestal.

Réalisé par

7.1 / 10
1MNavant
2MNaprès
Les avis sur Sens Critique
Isabelle Danel
Isabelle Danel
CHRONIQUEUR

Prolifique réalisateur d’une trentaine de long métrage, Michel Deville, ex assistant d’Henri Decoin, a touché à tous les genres, de la comédie (La Lectrice) à la tragédie (Toutes peines confondues), du film politique (Dossier 51) à la fable érotique (Le Voyage en douce), du polar vénéneux (Eaux profondes) au conte moderne pour enfants (La Petite Bande). Ecrit avec Nina Companeez, comme ses précédents films, de Ce soir ou jamais (1961) à L’Ours et la poupée (1970), Raphaël ou le débauché, leur dernière collaboration, en 1971, est un drame en costumes situé en 1830, une magnifique ballade avec l’amour et la mort dont personne ne sortira indemne. Raphaël, un séducteur, qui n’aime que les femmes qu’il n’a pas encore eues, rencontre Aurore, une belle veuve qui n’aimait personne jusque-là. Violence des sentiments dans un dix neuvième siècle qui s’interroge sur la force de la bienséance et le pouvoir du désir. On y retrouve les influences de Molière (Dom Juan) et Musset (On ne badine pas avec l’amour), et Françoise Fabian et Maurice Ronet, au sommet de leur art, forment ici un couple sublime. Elle est d’une beauté renversante, et passe délicieusement d’une distance altière à une dépendance bouleversante. Il est le charme à l’état brut, à la fois animal et pur esprit, un monstre caché en prince, à moins que ce ne soit le contraire… Dans le rôle de Horace de Granville, homme noble mais vil qui souhaite épouser Aurore, on retrouve Jean Vilar, grand homme de théâtre, acteur et metteur en scène, créateur du Festival d’Avignon, dont les apparitions au cinéma ne sont pas si nombreuses. Celle-ci est l’une des dernières : Jean Vilar est mort le 28 mai 1971, quelques jours après la sortie en salles de Raphaël ou le débauché.

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Contexte

Michel Deville

ASCENSEUR POUR L’ÉCHAFAUD DE LOUIS MALLE, 1958

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