ROCCO ET SES FRÈRES

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Les espoirs et les drames d'une famille d'immigrés du sud de l'Italie à Milan dans les années 60.
Drame - 1960 - France|Italie - 172 MIN - VM - HD - Tous publics

Venant du Sud du pays, une mère et ses quatre fils sont contraints de s’installer à Milan pour fuir la misère. L’aîné, Simone, devient boxeur, mais il ne se donne pas les moyens de ses ambitions et périclite bientôt. Son frère, Rocco n’aime pas ce sport, mais il est profitable et la famille a besoin d’argent. Une jalousie se déclare entre les deux frères, qui par ailleurs aiment la même femme. Pour le malheur de tous.

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Les avis sur Sens Critique
Yves Alion
Yves Alion
CHRONIQUEUR

Si Rossellini et De Sica restent les noms les plus couramment mis en avant quand on parle du néoréalisme, invention italienne qui bouleversa pendant un temps les canons du cinéma mondial, nombreux sont ceux qui en attribuent la paternité à Luchino Visconti. Parce que cet ancien assistant de Renoir a su, dès 1943, avec Les Amants diaboliques (Ossessione pour ceux qui préfèrent la VO), placer la question sociale au cœur d’un cinéma transalpin de téléphones blancs, autrement dit de comédies bourgeoises sans lien aucun avec les souffrances de la population. Cette première adaptation du célèbre roman noir de James Cain, Le facteur sonne toujours deux fois, ne contient-elle pas tous les thèmes, toutes les obsessions que l’auteur du Guépard et de Mort à Venise développera par la suite ? Il est couramment admis que Les Amants diaboliques est le premier volet d’une trilogie. Il sera suivi de peu par La Terre tremble, avant que Rocco et ses frères ne referme la boucle à l’aube des années 60.

Les années 60 sont celles du miracle économique italien, quand les désordres semés par la guerre finissent définitivement par s’estomper et que tout un pays commence à goûter aux joies de la société de consommation, à rechercher plaisirs et confort matériels. C’est à ce moment-là que la comédie italienne triomphe, qui se rit des parvenus, des affranchis, bref de tous ceux qui s’y croient, captant parfois avec génie le ridicule de cette course effrénée à un bien-être hypothétique, surfant sur une pseudo libération des mœurs qui au fond ne règle pas grand-chose.

Mais Luchino Visconti n’est pas Dino Risi et l’ironie n’est pas de son tempérament. Et si Rocco et ses frères traite de tous ces thèmes, c’est évidemment de façon diamétralement opposée. En l’occurrence, c’est plutôt Dostoïevski qui est convoqué, pour la place que prennent le remord, la conscience, le don de soi dans le film. Rocco et ses quatre frères étant par ailleurs beaucoup plus proches des frères Karamazov (de Dostoïevski) que des Marx Brothers. On s’en serait douté. Mais l’âme du film n’est pas russe, elle est universelle. Rocco et ses frères est un beau mélodrame, ample et amer, qui traite bien sûr de la question sociale – Visconti avait beau être noble, il n’en était pas moins sympathisant communiste - mais pour élargir aussitôt à une description fort pessimiste de la nature humaine.

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