SIMONE BARBèS OU LA VERTU

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Drame - 1980 - France - 77 MIN - Tous publics
Une nuit dans la vie de Simone Barbès, jeune femme qui travaille comme ouvreuse dans un cinéma porno parisien. Jusqu'à minuit elle déchire les tickets et discute avec sa collègue; ensuite elle part rendre visite à son amie, entraîneuse dans une boîte de nuit pour lesbiennes. Avant de rentrer seule se coucher, elle rencontre un dragueur qui lui confie son immense solitude.
6.9 / 10
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Olivier Père
Olivier Père
CHRONIQUEUR
Simone Barbès ou la vertu, premier long métrage de Marie-Claude Treilhou sorti en 1980, prend pour point de départ une expérience autobiographique puisque la réalisatrice fut ouvreuse dans un cinéma pornographique parisien, aux côtés de son actrice principale, Ingrid Bourgoin. Parce qu’elle a beaucoup aimé Change pas de main, film porno et politique de Paul Vecchiali, elle adresse son scénario au cinéaste qui ne l’aime pas mais décide quand même de produire le film. Il ne regrettera pas puisqu’il adore la première version et participe lui-même au montage final. Le film est constitué de trois parties bien distinctes, qui sont toutes des huis clos : la première se déroule dans le hall du cinéma porno où travaille Simone Barbès avec un collègue ouvreuse, Martine. Cet endroit lugubre se transforme en scène de théâtre avec les va-et-vient des clients du cinéma, habitués ou occasionnels, qui engagent de brèves conversations avec les deux jeunes femmes. Ce ballet permanent offre une succession de scènes cocasses et de personnages pittoresques, d’échanges verbaux souvent agressifs ou de longues conversations entre copines, avec hors champ les ébats pornographiques à l’intérieur des salles dont seule la bande son perce par intermittence. La seconde partie a pour décor un cabaret tout aussi miteux spécialisé dans les attractions et la clientèle lesbiennes, où Simone part rejoindre son amie après le travail. Dans cet univers stylisé et un peu pathétique, où l’on sent l’influence distanciée du réalisme poétique qui revient au début des années 80, la tristesse et la solitude de Simone Barbès, semble peser plus lourd au milieu de l’agitation générale. Elle rentre seule chez elle, délaissée par la femme qu’elle semble aimer. Enfin le film se conclut par une longue scène qui commence comme de la drague et se finit en confession. Un monsieur distingué propose à Simone de monter dans sa voiture, avec l’idée de s’offrir ou de se payer ses faveurs. Ils ne feront que parler de leur solitude, et se quitteront au petit matin. L’homme est interprété par Michel Delahaye, également coscénariste du film, et qui fut critique de cinéma avant d’accompagner Vecchiali et quelques autres dans ses aventures cinématographiques.

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Contexte

Marie-Claude Treilhou

CHANGE PAS DE MAIN

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