Parce que l'actualité récente a procuré une nouvelle dimension à l'idée des grands espaces
Parce que l'actualité récente a procuré une nouvelle dimension à l'idée des grands espaces
Le court et de retour, avec un nouvel ordre du jour, riche et fourni, pas moins de 23 titres et la présence sur le plateau de deux réalisatrices, Margot Abascal et Camille Lugan, venue parler de leur film, Poseur pour la première avec Charles Berling, et La Persistente pour la deuxième avec un décor pyrénéens… Car comme à l’accoutumé, cette nouvelle livraison de films courts a privilégié un thème, à savoir les grands espaces, avec la participation pour l’illustrer des œuvres de Guillaume Brac ou Nicolas Boucart. Les grands noms du cinéma français sont également  présents, ceux du passé comme Jean Rouch ou Jean Pierre Melville, comme ceux d’aujourd’hui, avec Patrice Leconte ou Mathieu Kassovitz… Les habitués de FilmoTV retrouveront également des titres qui se sont distingués en festival ou en compétition, ceux d’Emmanuel Marre ou Gabriel Harel, sans oublier la liste des personnalités qui viennent peupler ces univers, Philippe Rebbot, Jacques Villeret, Antoine Chappey, Serge Riaboukine, Eric Elmosnino… Et bien sûr les commentaires de Stéphane Kahn de l’Agence du Court Métrage soumis à la question par Laurent Delmas.
Le court et de retour, avec un nouvel ordre du jour, riche et fourni, pas moins de 23 titres et la présence sur le plateau de deux réalisatrices, Margot Abascal et Camille Lugan, venue parler de leur film, Poseur pour la première avec Charles Berling, et La Persistente pour la deuxième avec un décor pyrénéens… Car comme à l’accoutumé, cette nouvelle livraison de films courts a privilégié un thème, à savoir les grands espaces, avec la participation pour l’illustrer des œuvres de Guillaume Brac ou Nicolas Boucart. Les grands noms du cinéma français sont également  présents, ceux du passé comme Jean Rouch ou Jean Pierre Melville, comme ceux d’aujourd’hui, avec Patrice Leconte ou Mathieu Kassovitz… Les habitués de FilmoTV retrouveront également des titres qui se sont distingués en festival ou en compétition, ceux d’Emmanuel Marre ou Gabriel Harel, sans oublier la liste des personnalités qui viennent peupler ces univers, Philippe Rebbot, Jacques Villeret, Antoine Chappey, Serge Riaboukine, Eric Elmosnino… Et bien sûr les commentaires de Stéphane Kahn de l’Agence du Court Métrage soumis à la question par Laurent Delmas.
S’il s’agit de l’une de ses premières réalisations, on trouve déjà dans L’arche de Noé tout ce qui fera le sel des plus beaux films, courts ou longs, de Jean-François Laguionie. Entre récit d’aventure picaresque, « voyage extraordinaire » à la Jules Verne et quête initiatique, la relecture du mythe biblique du déluge est ici prétexte à une invention formelle de tous les instants, où s’affirme déjà la science de Laguionie pour l’animation en papiers découpés, technique qu’il reprendra notamment dans son chef d’œuvre, La traversée de l’Atlantique à la rame.
Ce film du cinéaste et ethnologue Jean Rouch suit des pêcheurs ghanéens confrontés, au milieu des années 50, à une période de disette consécutive à la mort de la prêtresse du village, celle-là même qui priait les divinités de la mer et assurait le succès des sorties en mer. Des rituels saisis par le cinéaste vont être entrepris pour y remédier. Mais c’est surtout dans les scènes de pêche, sur des pirogues ballottées par des vagues impressionnantes, que le film, admirablement restauré, saisit, encore aujourd’hui, le plus.
Le premier film de Jean-Pierre Melville s’inscrit déjà dans le quartier de Pigalle où il retournera une dizaine d’années plus tard pour Bob le flambeur. Il y suit le quotidien cocasse de Béby, un célèbre clown du cirque Medrano. Si le film commence par le temps de la représentation – là où les spectateurs déjà le connaissent – l’enjeu est surtout pour Melville de le suivre ensuite, le lendemain, tout au long de la journée, sans fards ni costumes de scène, chez lui avec sa femme ou au café dans son quartier, là où il puise chaque jour l’inspiration pour ses numéros. Un documentaire révélant le hors-champ de la célébrité.
Le film de Nicolas Boucart offre à Philippe Rebbot un emploi à rebours de ceux dans lesquels on s’est habitué à le voir ces dernières années. Inventeur obsédé par le fait de pouvoir voler (il ne se prénomme pas Léonard pour rien), son personnage allie candeur et noirceur, sincérité et déni, entraînant dans sa folle entreprise de jeunes disciples se succédant pour tester ses machines. De facture classique, Icare est un film d’aventures ambigu où le décor, s’il est ouvert aux quatre vents, redouble bel et bien le labyrinthe mental où s’est enfermé son anti-héros.
Avant L’île au trésor, sur la base de loisirs de Cergy, Le repos des braves fut le premier documentaire de Guillaume Brac, cinéaste dont les premières fictions, employant pour des seconds rôles des non-professionnels, s’appuyaient déjà considérablement sur le réel. Le cinéaste partage ici avec ses protagonistes la passion du vélo et s’attache à cette traversée rituelle des Alpes du Nord au Sud que les participants, pour la plupart retraités ou sur le point de l’être, évoquent avec un enthousiasme que vient parfois tempérer la mélancolie de vies cabossées. Tourné avec une équipe réduite de trois personnes, Le repos des braves, qui se construisit beaucoup au montage, au gré des insertions de témoignages off, est à bien des égards un tour de force. Un beau film surtout.
Essai cinématographique au sens noble du terme, Retour est un voyage à rebours, tant géographique que mental, où le jeune cinéaste revient, à l’occasion d’un long périple en train vers ses origines familiales, vers la figure mystérieuse d’un grand-père envisagé au prisme d’une photo d’après-guerre qui ne fut jamais envoyée à qui elle était destinée. Le film obtint le grand prix de la compétition Labo au Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand en 2018.
S’il s’agit de l’une de ses premières réalisations, on trouve déjà dans L’arche de Noé tout ce qui fera le sel des plus beaux films, courts ou longs, de Jean-François Laguionie. Entre récit d’aventure picaresque, « voyage extraordinaire » à la Jules Verne et quête initiatique, la relecture du mythe biblique du déluge est ici prétexte à une invention formelle de tous les instants, où s’affirme déjà la science de Laguionie pour l’animation en papiers découpés, technique qu’il reprendra notamment dans son chef d’œuvre, La traversée de l’Atlantique à la rame.
Ce film du cinéaste et ethnologue Jean Rouch suit des pêcheurs ghanéens confrontés, au milieu des années 50, à une période de disette consécutive à la mort de la prêtresse du village, celle-là même qui priait les divinités de la mer et assurait le succès des sorties en mer. Des rituels saisis par le cinéaste vont être entrepris pour y remédier. Mais c’est surtout dans les scènes de pêche, sur des pirogues ballottées par des vagues impressionnantes, que le film, admirablement restauré, saisit, encore aujourd’hui, le plus.
Le premier film de Jean-Pierre Melville s’inscrit déjà dans le quartier de Pigalle où il retournera une dizaine d’années plus tard pour Bob le flambeur. Il y suit le quotidien cocasse de Béby, un célèbre clown du cirque Medrano. Si le film commence par le temps de la représentation – là où les spectateurs déjà le connaissent – l’enjeu est surtout pour Melville de le suivre ensuite, le lendemain, tout au long de la journée, sans fards ni costumes de scène, chez lui avec sa femme ou au café dans son quartier, là où il puise chaque jour l’inspiration pour ses numéros. Un documentaire révélant le hors-champ de la célébrité.
Le film de Nicolas Boucart offre à Philippe Rebbot un emploi à rebours de ceux dans lesquels on s’est habitué à le voir ces dernières années. Inventeur obsédé par le fait de pouvoir voler (il ne se prénomme pas Léonard pour rien), son personnage allie candeur et noirceur, sincérité et déni, entraînant dans sa folle entreprise de jeunes disciples se succédant pour tester ses machines. De facture classique, Icare est un film d’aventures ambigu où le décor, s’il est ouvert aux quatre vents, redouble bel et bien le labyrinthe mental où s’est enfermé son anti-héros.
Avant L’île au trésor, sur la base de loisirs de Cergy, Le repos des braves fut le premier documentaire de Guillaume Brac, cinéaste dont les premières fictions, employant pour des seconds rôles des non-professionnels, s’appuyaient déjà considérablement sur le réel. Le cinéaste partage ici avec ses protagonistes la passion du vélo et s’attache à cette traversée rituelle des Alpes du Nord au Sud que les participants, pour la plupart retraités ou sur le point de l’être, évoquent avec un enthousiasme que vient parfois tempérer la mélancolie de vies cabossées. Tourné avec une équipe réduite de trois personnes, Le repos des braves, qui se construisit beaucoup au montage, au gré des insertions de témoignages off, est à bien des égards un tour de force. Un beau film surtout.
Essai cinématographique au sens noble du terme, Retour est un voyage à rebours, tant géographique que mental, où le jeune cinéaste revient, à l’occasion d’un long périple en train vers ses origines familiales, vers la figure mystérieuse d’un grand-père envisagé au prisme d’une photo d’après-guerre qui ne fut jamais envoyée à qui elle était destinée. Le film obtint le grand prix de la compétition Labo au Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand en 2018.