DEVIL IN MISS JONES

Bientôt disponible
Un grand classique du hard américain qui propose une vision sartrienne, désespérante de l'Enfer.
Adulte - 1975 - Etats-Unis d'Amérique - 63 MIN - interdit aux moins de 18 ans
Déprimée par son existence, Justine Jones se suicide dans sa salle de bain. Elle se "réveille" au purgatoire, devant un fonctionnaire des enfers ennuyé par son dossier. Car Miss Jones avait tout pour rejoindre le paradis: irréprochable, elle était même vierge. Seulement son geste désespéré en fait une pécheresse. Mesurant aussitôt les conséquences de son acte, Miss Jones aimerait retourner sur terre et connaître enfin la luxure pour mieux justifier son entrée en Enfer. Le fonctionnaire accepte. Son initiation commence, grâce notamment à un expert en sexe, le Maître. Enfin désinhibée, Miss Jones pourra gagner sa place dans un Enfer qui ne correspond guère à l'image qu'elle s'en fait.

Réalisé par

6.2 / 10
1MNavant
2MNaprès
Les avis sur Sens Critique
Christophe Bier
Christophe Bier
CHRONIQUEUR

Voici un des premiers films majeurs du porno américain, tourné en 1972. Un chef-d’œuvre abordant ce qui semble être le tabou suprême du genre : la mort. Elle est ici au cœur-même de Devil in Miss Jones, présente dès les premières minutes avec le suicide de Justine Jones, célibataire sans désir, qui s’ouvre les veines dans son bain. Magistral début, soutenu par la langueur de la bande musicale qui épouse le désenchantement de cette jeune femme, se regardant tristement dans son miroir. Le montage précis nous plonge dans la banalité de son appartement et accompagne sans esbroufe cette mort simple mais inattendue.

Porno existentiel mais aussi fantastique puisque le geste de Justine la conduit au seuil de l’enfer, alors qu’elle avait mené une vie sans péché, se révélant même vierge. Face au fonctionnaire affable du purgatoire, prise de remords, elle demande à découvrir la luxure pour mieux justifier sa condamnation. Après ce long préambule, les scènes érotiques vont se suivre : fellation, sodomie, lesbianisme, zoophilie avec un serpent, triolisme, double pénétration.

Autant de rites initiatiques, superbement filmés, dans lesquels Miss Jones est transfigurée. Maquillée, sensuelle, vorace, elle se libère de l’image déprimante du début pour devenir une indigne pécheresse. Ce récit dérangeant réserve un final aux accents sartriens rappelant Huis clos. Gerard Damiano, qui venait de réaliser Gorge profonde, comédie potache qui reposait sur une idée farfelue, gagne là ses galons d’auteur.

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Contexte

Georgina Spelvin

Gerard Damiano

TAKE OFF

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