LA MORT EN DIRECT

Bientôt disponible
Parce que la ville de Glasgow en 1980 constituait un décor de science fiction impeccable
Science-fiction - 1980 - France|Allemagne - 125 MIN - Tous publics

Roddy, cameraman pour la télévision, s’est fait greffer une caméra dans le cerveau : tout ce qu’il regarde est filmé. Il travaille pour Vincent Ferriman, producteur d’une émission de télé-réalité intitulée La Mort en direct. Des malades incurables acceptent d’être suivis au cours de leurs derniers jours contre une somme d’argent importante.

Réalisé par

6.6 / 10
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Les avis surSens Critique
Isabelle Danel
Isabelle Danel
CHRONIQUEUR

"Cela m’a hanté depuis mon premier film. J’ai très peur de la manipulation de l’horreur, de la violence, des sentiments. La Mort en direct a peut-être été une façon d’exorciser mes démons. Jusqu’où a-t-on le droit d’aller pour obtenir l’émotion ? (…) Non seulement je voulais poser des questions dans ce film, mais je voulais aussi m’en poser à moi-même.", déclare Bertrand Tavernier dans le livre d’entretiens que lui a consacré Jean-Luc Douin.

Lorsqu’il lit le roman du britannique David Compton, The Continuous Katherine Mortenhoe, traduit en français sous le titre L’Incurable, Tavernier sent qu’il y a là matière à un grand film lyrique sur la question du regard dans nos sociétés. L’histoire est celle, dans un futur plus ou moins proche, d’une femme malade qui doit participer à un show télévisé suivant les derniers jours de sa vie et qui s’enfuit sans savoir que son compagnon de voyage n’est autre que le cameraman de l’émission, qui s’est fait greffer une caméra dans le cerveau. Tavernier veut tourner en anglais, il choisit pour scénariste David Rayfiel, collaborateur attitré de Sydney Pollack dont il aime les trouvailles et les envolées dans Un château en enfer, Jeremiah Johnson, et Les Trois Jours du Condor ; et il élit pour décor la ville écossaise de Glasgow, dont la couleur et l’étrangeté lui semblent convenir à cette société futuriste dont le bonheur est absent et où l’imagination est proscrite.

Alors qu’il termine Le Juge et l’Assassin, le travail sur le script avance, il enchaîne avec Des Enfants gâtés, son quatrième long métrage, qui sort en septembre 1977 et dans lequel, en clin d’œil, le cinéaste interprété par Michel Piccoli annonce que son prochain film s’appellera La Mort en direct. En 1978, le scénario est prêt, le casting arrêté sur Romy Schneider et Harvey Keitel. Mais les différents producteurs britanniques et américains contactés sont tous rétifs : ce serait tellement plus simple s’il envisageait Richard Gere et Jane Fonda, ou Robert De Niro et Jill Clayburgh… Et puis, cette idée de tourner à Glasgow, où ils vont se faire attaquer, racketter !? Tavernier tient bon, la production, où la société du réalisateur, Little Bear, est entrée, est bouclée grâce aux ventes à l’étranger et un coup de pouce de Daniel Toscan Du Plantier de Gaumont. En juin 1979 l’équipe s’embarque pour Glasgow. Le film, dont le chef opérateur est le grand Pierre William Glenn qui accompagne Tavernier depuis L’Horloger de Saint-Paul, est tourné en scope, dans des décors époustouflants, qui passent des maisons victoriennes aux rues désertes, des bidonvilles le long des quais à la campagne verdoyante. Le résultat est grandiose : à la fois film de science fiction et road movie, histoire d’amour et de dignité, La Mort en direct est une œuvre lyrique à la beauté inaltérable.

Le contexte

Sorti la même année que La Mort en direct sur les écrans français, le film de Resnais prouve, comme celui de Tavernier la belle santé du cinéma hexagonal de l’époque, aussi exigeant que populaire.

Bertrand Tavernier

Drame de science fiction qui est aussi une dystopie, comme La Mort en direct.

CÉSAR ET ROSALIE DE CLAUDE SAUTET (1972)

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