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Aleksei Granovsky
I.rogalerM.gordblatR.imenitovaS.epsteinSolomon MikhoelsT.hazak

LE BONHEUR JUIF

90 mn

Note de SensCritique :

/ 10
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Réalisateur : Aleksei Granovsky.

Casting : I.rogaler, M.gordblat, R.imenitova, S.epstein, Solomon Mikhoels. T.hazak

Synopsis : Chaque  samedi, Menakhem Mendel tente par tous les moyens de gagner un morceau de viande. Il le nomme son bonheur juif. Mendel s’improvise marieur ce qui ne se révèle pas une tâche aisée même avec une longue liste de filles prêtes à convoler.

Scénario : Boris Leonidov, Grigori Gritcher-Tcherikover, I Tereromo.
Tags : Comédie, Cinéma soviétique, Le couple dans tous ses états, Sans paroles, Esthétique noir&blanc.

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Totalement à part dans l’histoire du cinéma soviétique, le Bonheur juif est un film avant tout marqué par la personnalité d’Alekseï Granovski, responsable du théâtre juif de Moscou et qui, assez rapidement quittera l’Union soviétique pour faire carrière à l’étranger, en Allemagne puis en France. Réalisé en 1925, son film rassemble ce qui se fait alors de plus brillant en matière de talents juifs et il faudra attendre le Dibbouk, tourné en 1937 à Varsovie par Michael Waszynski, pour retrouver une  configuration artistique comparable.

Le Bonheur juif adapte l’un des plus fameux écrivains yiddish de l’Histoire, Cholem Aleichem, avec pour interprète principal,  Solomon Mikhoels, une des figures  marquantes du théâtre juif et même au-delà, tant celui-ci peut être considéré comme un des plus grands acteurs soviétiques de son temps. Les décors du film sont par ailleurs l’œuvre de Nathan Altman dont on peut comparer le talent – dans un registre certes différent mais à un même niveau -  à celui de Chagall ou de Malévitch. Enfin la musique en est composée par le violoniste Lech Pulvert.

L’histoire du Bonheur Juif repose sur des ressorts comiques simples. Elle s’appuie sur une figure fondatrice de la littérature yiddish, celle du « schlemil », que l’on retrouve ici sous les traits de Solomon Mikhoels. Dans la littérature yiddish, le  « schlemil » est un personnage qui s’efforce  de trouver fortune et réussite sans y parvenir, demeurant à jamais une sorte d’éternel paumé. Un personnage qui  n’est pas éloigné de celui que  Chaplin impose alors sur les écrans et qui inspire de façon évidente Mikhoels dans le Bonheur juif.  Solomon est donc  un paumé qui s’improvise marieur. La référence culturelle d’autant plus forte que dans la culture juive, le mariage représente  l’outil par excellence de perpétuation de  la tradition. La tentative de cet anti héros tourne rapidement court quand Mikhoels se trompe  et marie non point un homme et une femme, mais deux femmes ensemble.

Au-delà de son intrigue qui réussit à passer l’écran avec bonheur, le film constitue aussi une énigme, ne serait ce que dans son titre même : « le Bonheur juif ». Car en 1925, la sort des juifs – qui s’est révélée pour le moins tragique pendant la période tsariste puis la guerre civile durant laquelle les massacres n’ont cessé – et bien, le sort de ceux-ci ne s’améliore pas, loin s’en faut, tant le projet soviétique n’entend pas à son tour promouvoir le judaïsme. Pourtant  le Bonheur juif cristallise un moment précis et furtif, voire même évanescent de l’Histoire de l’Union Soviétique, ce moment où l’on peut imaginer qu’une  minorité telle que celle-ci, autrefois persécutée, puisse désormais s’épanouir. L’énigme du film renvoie donc aux raisons pour lesquelles le régime qui combat la pratique religieuse, autorise alors la production d’un film… intitulé le Bonheur juif ! Une opération qui semble davantage liée au fait que les juifs sont considérés non pas comme un groupe religieux, mais comme une minorité à qui l’on doit protection.

A peine la production du film terminée, la parenthèse se referme : il n’y aura jamais de bonheur juif (à supposer qu’il en ait existé un pour les soviétiques même) et  il suffit de regarder le destin des participants du film pour en être convaincu. Si le parcours d’Alekseï Granovski se révèle  finalement plutôt heureux dans son exil, celui d’Isaac Babel, grand écrivain qui signe les intertitres du film et qui mènera une  carrière de scénariste dans les années 20, sera tragique puisque celui-ci finira assassiné dans les geôles staliniennes. Assassiné comme également Solomon Mikhoels, dont la tête sera fracassée par des agents du KGB en 1952. Le régime invoquera un accident lors de cette même année qui marque le coup d’envoi véritable de la politique antisémite de Staline, avec à la clé un génocide qui ne sera enrayé que par la mort de ce dernier.

Il convient de préciser que l’intérêt du Bonheur Juif se trouve aussi dans son caractère documentaire et dans la capture qu’il opère du mode de vie juif, d’une culture qui avait quasiment disparu avec la révolution et qu’on ne reverra jamais plus. Une démarche par ailleurs parfaitement consciente de la part des participants au film.

Majeure en son temps, l’influence des cinéastes soviétiques qui ont travaillé pendant une période exceptionnelle, celle de la NEP, se perd néanmoins dans les années 30 qui constituent des années de véritable fermeture. L’impulsion de ceux-ci se retrouvera néanmoins dans le cinéma Soviétique d’après guerre essentiellement pendant sa période Khrouchtchev, mais surtout dans le cinéma dit du bloc de l’Est.  

Il apparaît que le cinéma soviétique n’a jamais été aussi prestigieux que dans les années 60 avec l’émergence de réalisateurs tels que Andrei Tarkovski et Mikhail Kalatozov. Les ambitions de la période étaient de nature inspirée, mettant en avant un cinéma de l’épopée, un cinéma spectaculaire, un cinéma qui permet  d’irriguer plusieurs générations de cinéastes… et dont les racines se trouvent dans les films des années 20 et 30. La glaciation Brejenevienne mettra néanmoins un terme à ce mouvement.

Par ailleurs  il est frappant de constater en revoyant des films tels que « Tempête sur l’Asie » ou « la Terre », l’influence évidente que ce cinéma exercera sur tout le cinéma du bloc de l’Est, en Pologne ou en Tchécoslovaquie notamment. De façon générale, il jouera  une force motrice dans l’ensemble  du cinéma mondial et ce  jusqu’à la fin des années 60 en marquant  aussi  une partie du cinéma Américain,  soucieux lui aussi des influences Européenne.

Aussi  on peut d’autant se rendre compte aujourd’hui que ce cinéma représente un art perdu : un cinéma de l’épopée, un cinéma de la foule,  un cinéma où il ne s’agit pas seulement de manipuler des masses, mais de les ordonner dans un cadre. Un cinéma qui à l’ère du numérique, n’existe plus.

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