UN LINCEUL N'A PAS DE POCHES

À partir de 8.99 €
Pour Francis Blanche dans son dernier rôle, il y est doublé par Roger Carel
Policier / Suspense - 1975 - France - 125 MIN - VF - Tous publics
Excédé par la frilosité de son patron, le journaliste Michel Dolannes démissionne du journal local et crée son propre titre, Le Cosmopolit. Son objectif: dénoncer la corruption et les scandales. Après une première affaire sur le financement d'un joueur de football, il révèle les avortements clandestins d'un médecin, député catholique, qui ont causés plusieurs décès. Puis c'est une sombre histoire de meurtre qui met en cause le maire socialiste pédophile, le syndicat communiste et des politiciens de droite. Malgré les avertissements et les intimidations, Dolannes s'obstine dans sa dangereuse quête de la vérité. Quelques rares amis vont l'aider : Mira qui tombe amoureuse de lui, son vieil ami journaliste Jo et le commissaire Bude.

Réalisé par

6.4 / 10
1MNavant
2MNaprès
Les avis sur Sens Critique
Christophe Bier
Christophe Bier
CHRONIQUEUR

Jean-Pierre Mocky rêvait d’une adaptation d’On achève bien les chevaux d’Horace McCoy avec Brigitte Bardot et Laurent Terzieff. C’est finalement Sidney Pollack qui en obtiendra les droits. En 1974, le cinéaste choisit, du même auteur, Un linceul n’a pas de poches. Ce roman, que la Série Noire française publia en 1946 – ce fut le n°4 de cette mythique collection – fut longtemps censuré aux Etats-Unis. C’est un classique du roman noir américain, dont la virulence ne pouvait que séduire le réalisateur révolté de L’Albatros.
C'était le réquisitoire sans concessions d’une presse qui, elle, n’en manquait pas. L’histoire se déroulait sous la prohibition. Avec Alain Moury, son fidèle scénariste depuis 1960, Mocky transpose l’Amérique de la dépression dans la France pompidolienne et garde l’idée de base : un journaliste, excédé par les compromissions de la presse, fonde son propre journal pour dire la vérité, dénoncer les gros bonnets de sa ville, la corruption et les scandales.
Mocky incarne naturellement ce justicier solitaire et idéaliste qu’il avait inauguré avec Solo et L’Albatros. Cette fois, il fustige tous les partis politiques, met en scène un député de droite anti avortement peu reluisant, un maire socialiste pédophile et un syndicat communiste acheté. A l’époque, la censure avait interdit le film aux moins de 18 ans. La critique avait hurlé à la caricature grossière alors qu'il s’agissait, comme souvent chez Mocky, d’une satire désespérée virant au cauchemar, respectant en cela l’esprit du roman. Au diapason, Marcel Weiss, son chef opérateur, compose des ambiances nocturnes glauques et ses comédiens se délectent dans la monstruosité. Michael Lonsdale en cocu magnifique, Jean-Pierre Marielle en avorteur cynique et Michel Serrault, avec la tête d’Abraham Lincoln, se paient les rôles les plus visqueux.

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