La jeune fille de l'eau
À partir de 7.99 €
Parce que l'histoire était à l'origine destinée aux enfants
Fantastique / Horreur - 2006 - Etats-Unis - 109 MIN - VF - Tous publics
Il était une fois un immeuble, perdu au milieu de nulle part, peuplé d'une petite communauté de braves gens, bigarrés mais peu curieux du reste du monde. Jusqu'au jour où apparut au fond de leur piscine collective une jeune nymphe, prénommée Story, qui leur demanda assistance contre de dangereuses créatures souhaitant l'empêcher de rejoindre son monde. Ses dons de voyance lui ont révélé l'avenir de chacun des occupants de l'immeuble, dont le sort et le salut sont étroitement liés aux siens. Cleveland, le concierge de l'immeuble, se laisse convaincre et se met en quête, avec l'assistance des autres, de décoder une série de codes qui permettra peut-être à Story de regagner son univers avant la fin de la nuit.

Réalisé par

5.4 / 10
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Les avis sur Sens Critique
Jacky Goldberg

Jacky Goldberg

CHRONIQUEUR

Septième film de M. Night Shyamalan, La jeune fille de l'eau tient une place à part dans la filmographie du réalisateur indo-américain. Tout d'abord du point de vue de sa production, c'est son premier film réalisé hors du berceau Disney qui l'avait accueilli jusqu'alors. Après deux films passés inaperçus en 1992 et 1996, et plus ou moins reniés, la formidable série de succès formée par Sixième Sens, Incassable et Signes a constitué un modèle d'épanouissement entre un auteur-un-vrai et une major company, pourtant connue pour la dureté de son cahier des charges et son peu de goût pour l'originalité. Extrêmement ambitieuse, l'écriture filmique de Shyamalan a ainsi pu, au début des années 2000, se déployer harmonieusement dans des films fantastiques populaires, que le relatif insuccès du Village, en 2004, ne semblait pas en mesure d'affaiblir. Souvent comparé à Hitchcock et Spielberg, ce jeune réalisateur, né en Inde mais éduqué dans la chrétienté WASP d'une banlieue de Philadelphie, était à ce moment-là vu comme une perle rare, un petit génie promis au plus grand avenir au sein d'une industrie pauvre en artistes. Pourtant, en 2005, patatras : Shyamalan claque la porte du studio pour « divergences artistiques », comme on dit poliment à Hollywood, et s'en va frapper à celle de la Warner pour produire ce scénario que les pontes de Disney ont détesté : La jeune fille de l'eau.

De quoi s'agit-il ? Pour faire vite, on pourrait dire que La jeune fille de l'eau = Signes + Incassable + Le village. On retrouve là les trois thématiques développées dans les films cités, à savoir, 1/ la croyance au sein d'une communauté repliée sur elle-même, 2/ une réflexion sur l'héroïsme et sa valeur prophétique dans le monde contemporain, 3/ la fable comme ciment d'un groupe isolé. L'histoire, adapté d'un conte pour enfant écrit par Shyamalan lui-même, raconte comment une sirène apparue un beau jour dans la piscine d'un immeuble cherche à convaincre ses habitants de la protéger contre d'horribles créatures qui la menacent, elle et son peuple. D'abord sceptique, la petite communauté menée par son concierge Paul Giamatti, se met en quête de déchiffrer toutes sortes de signes, comme une charade grandeur nature, afin d'aider la mystérieuse Jeune fille de l'eau...

En ressassant ainsi les thématiques et motifs qui l'ont rendu célèbre, dans ce qu'il convient d'appeler un film auto-réflexif, il est évident que Shyamalan a une idée derrière la tête. Nous ne détaillerons pas cette idée tout de suite afin de préserver le suspense, mais disons simplement qu'il s'agit de son film le plus personnel, où il expose ses obsessions et sa méthode en toute sincérité et avec une candeur qui ne fit pas l'unanimité à l'époque – et c'est un euphémisme. Le changement de studio s'est ainsi accompagné d'une radicalisation de son style, dont témoigne une lutte de plus en plus âpre entre les pro et les anti-Shyamalan. Que vous apparteniez à l'une ou l'autre catégorie, ou que vous n'ayez aucun a priori, le meilleur conseil qu'on puisse vous donner avant de voir La jeune fille de l'eau est de vous munir, non pas d'une âme d'enfant comme les idiots aiment à le répéter, mais à l'inverse d'une bonne dose d'humour. Car Shyamalan, en grand burlesque timide, ne s'en départit jamais tout à fait. Après ce film, vous ne mangerez plus vos cornflakes de la même façon.

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