LE MÉPRIS

À partir de 2.99 €
Le cinéma en 149 plans, la photo de Raoul Coutard, la musique de Georges Delerue. Devant la caméra, Bardot parle avec Fritz Lang. Derrière la caméra, Jean Luc Godard filme en couleurs et en cinémascope la Méditerranée, la maison de Malaparte et un film en train de se créer.
Drame - 1963 - France|Italie - 99 MIN - VF - Tous publics
L'histoire d'un film qui se fait et d'un couple qui se défait : Paul Javal, scénariste, et sa jeune femme Camille semblent former un couple uni. Mais un incident apparemment anodin avec un producteur va conduire la jeune femme à mépriser profondément son mari...

Réalisé par

6.9 / 10
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Les avis sur Sens Critique
Mathilde Lorit
Mathilde Lorit
CHRONIQUEUR

Sixième long métrage de Jean-Luc Godard, LE Mépris fait presque figure de superproduction dans la carrière du réalisateur emblématique de la Nouvelle Vague. Convaincu qu’il faut filmer sans cesse pour progresser dans son travail, Godard met en route Le Mépris immédiatement après Les Carabiniers, promettant à ses producteurs un film plus commercial que ses précédents essais, fort d’un budget beaucoup plus confortable : 500 millions de francs, soit dix fois plus que pour A Bout de souffle.

Inspiré par un roman d’Alberto Moravia, le film raconte - citons le pitch le plus célèbre du cinéma français - la double histoire d’un film qui se fait et d’un couple qui se défait. Sur le tournage d’une adaptation de l’Odyssée, un cinéaste affronte une caricature de producteur américain sans âme, sous les yeux de Camille, qui se met à mépriser son scénariste de mari en le voyant courber l’échine devant la puissance du dollar américain. Véritable événement pour tout cinéphile qui se respecte, le rôle du réalisateur artiste est tenu par Fritz Lang, cinéaste emblématique de l’expressionnisme allemand, plusieurs fois défendu par Jean-Luc Godard à l’époque où il était critique aux Cahiers du Cinéma. Fritz Lang n’était quasiment jamais apparu à l’écran: il accepte la proposition de Godard, qui n’envisageait pour le remplacer en cas de refus que Carl Theodor Dreyer ou Eric Von Stroheim. Dans le rôle ingrat du producteur qui brandit son carnet de chèques dès qu’il entend le mot culture, on retrouve Jack Palance, qui s’impose à l’époque comme le méchant de service du cinéma américain. Très peu soutenu par Jean-Luc Godard, qui semble prolonger hors plateau le mépris dévolu à ce personnage de capitaliste imbécile, le comédien ne cachera pas son mécontentement à l’issue du tournage.

Pour le couple phare du film, Godard envisage dans un premier temps Frank Sinatra et Kim Novak, auxquels ses producteurs préfèrent Marcello Mastroianni et Sophia Loren. Des choix qui s’expliquent en partie par la coproduction internationale du film, réunissant l’Italien Carlo Ponti et le Français Geoorges Beauregard, tous deux connus pour leur soutien à la Nouvelle Vague, et l’Américain Joseph E. Levine, futur producteur du Lauréat. Mettant tout le monde d’accord, Godard convainc finalement Brigitte Bardot et Michel Piccoli de se prêter au jeu de l’amour finissant, offrant au cinéma français l’une de ses scènes les plus inoubliables... Régalez-vous ! 

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