LES MALHEURS DE SOPHIE

À partir de 9.99 €
Jeunesse - 2016 - France - 106 MIN - VF - HD - Tous publics

Fille de la tendre Madame de Réan, la petite Sophie est « douée d’une grande imagination dès qu’il s’agit de faire des sottises ». Dans le jardin de son beau château, avec son cousin Paul et ses voisines, petites filles modèles, elle s’en donne à cœur joie.
Lorsque ses parents déménagent en Amérique, Sophie est folle de joie, mais un an plus tard, sa mère disparue en...

Réalisé par

5.8 / 10
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Isabelle Danel
Isabelle Danel
CHRONIQUEUR

Critique aux Cahiers du Cinéma, professeur à la Femis, metteur en scène de théâtre et dramaturge, écrivain en littérature jeunesse— il a publié à L’Ecole des loisirs—, Christophe Honoré cinéaste affronte des sujets durs : l’inceste, le suicide, la mort.

Mais il a aussi une prédilection pour l’enfance qui s’attarde, l’adolescence qui perdure. Certains de ses films en portent la trace, de son premier long métrage,  17 fois Cécile Cassard, aux Malheurs de Sophie en passant par les réunions familiales cathartiques et nostalgique de Dans Paris ou Non ma fille, tu n’iras pas danser, les portraits de groupe de La Belle personne, adaptation moderne de La Princesse de Clèves, et des Chansons d’amour, tragédie musicale singulière et sublime portée par les chansons d’Alex Beaupain.

Malgré le générique des Malheurs de Sophie qui ferait pâlir une pochette de disque des années 70, nous sommes ici dans la France du Second empire. Mais cette adaptation de la Comtesse de Ségur est endiablée et retorse, le format carré au lieu de rétrécir le champ ouvre tous les possibles.
Caméra à l’épaule, Honoré est prêt à suivre la petite Sophie dans toutes ses frasques et cavalcades.
La jeune Caroline Grant, cinq ans, déploie toute son énergie à incarner la pestouille, elle en fait parfois trop, joue même un peu faux par moments, mais ce cabotinage charmant fait partie du projet, lui donne son aspect fabriqué et théâtral (renforcé par le générique final), son aura de conte à la fois vieillot et furieusement moderne.

Tout y est de nos souvenirs de lectures lointaines : les poissons martyrisés, la poupée aux jambes fondues, le thé boueux… Christophe Honoré nous entraîne à sa suite, dans un jardin extraordinaire, où les animaux – hérissons et écureuils — sont dessinés et animés.
Les trois mères interprétées par Golshifteh Farahani, Anaïs Demoustier et Muriel Robin, actrices venues d’horizons très différents, entrent dans des clichés pour mieux s’en échapper. La reconstitution est jolie sans être mièvre et sent volontairement sa malle à déguisements, les anachronismes sont délicieux. Il y a de l’artifice ici, voulu et assumé, et c’est tout un art !

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