LE VOYEUR

Bientôt disponible
Le prototype du film maudit, sombre et audacieux, toujours moderne quelques décennies plus tard. La description d’un serial-killer pas comme les autres, qui filme l’agonie de ses victimes.
Fantastique / Horreur - 1960 - Grande-Bretagne - 100 MIN - Tous publics

Mark Lewis est un jeune homme timide et solitaire. Il travaille comme assistant opérateur au cinéma et est également l’auteur de «photographies de charme» vendues sous le manteau dans une maison de la presse. Il est lui-même en train de tourner un film bien particulier : usant du pied de sa caméra comme d’une épée, il enregistre ainsi au plus près l’expression d’horreur qui se peint sur le visage des femmes qu’il assassine. Sa rencontre avec sa voisine Helen, jeune personne fraîche et délicieuse, marquera-t-elle sa rédemption ?

Réalisé par

7.6 / 10
1MNavant
2MNaprès
Les avis sur Sens Critique
Isabelle Danel
Isabelle Danel
CHRONIQUEUR

Sorti dans son pays en avril 1960, Le Voyeur, du Britannique Michael Powell, fut bien vite retiré de l’affiche. Dès la première du film au Plaza, les spectateurs et professionnels invités sortirent sans un mot et en détournant les yeux pour ne pas croiser ceux du metteur en scène et de sa star, Karlheinz Böhm, qui attendaient dans le hall.

La presse se déchaîna unanimement contre cette œuvre pour le moins troublante, dont certains écrivirent qu’elle «était tout juste bonne à jeter aux cabinets». Le Voyeur (réalisé sans son compagnon de cinéma Emeric Pressburger) sonna le glas de la carrière du réalisateur du Narcisse Noir et des Chaussons rouges. Trop cru ? Trop violent ? Trop en avance sur son époque ? Sans doute… Pourtant, on n’y voit pas les meurtres, mais plutôt l’effet que ceux-ci produisent sur ceux qui les subissent comme sur ceux qui les observent. Car Le Voyeur – depuis réhabilité par Martin Scorsese et Francis Ford Coppola, et considéré par de nombreux réalisateurs, tels Bertrand Tavernier, Jim Jarmusch, Aki Kaürismaki ou Brian De Palma, comme un incontestable chef d’œuvre– est un film sur le regard qui questionne la position du metteur en scène comme celle du spectateur.

Cachée derrière sa sagesse et sa douceur, la maladie mentale du personnage central, Mark Lewis, induit qu’au-delà des apparences, chacun de nous a ses secrets plus ou moins noirs. Et qu’au cinéma, comme dans la vie, tout voyeur vit aux dépens de celui qui le regarde ! « Si vous voulez me tourmenter pour le reste de ma vie, laissez moi imaginer… » déclare Helen à Mark après avoir découvert la nature de ses activités. Dérangeant, n’est-il pas ? Une journaliste anglaise ayant constaté son erreur de jugement plus de trente ans après la première projection du film, dira : «S’il existe une vie après la mort, j’irai m’excuser auprès de Michael Powell».

Contexte

Michael Powell

SISSI DE ERNST MARISCHKA (1955)

Vous aimerez peut-être dans le Pass Illimité