Bande Annonce de LES CAMARADES (VERSION RESTAURÉE)Découvrez la bande Annonce de LES CAMARADES (VERSION RESTAURÉE) sur FilmoTVhttp://
Mario Monicelli
Annie GirardotFolco LulliMarcello MastroianniRenato SalvatoriVittorio SanipoliBernard BlierFrançois PérierGabriella GiorgelliKenneth KoveMario PisuRaffaella CarràAnna Di SilvioGiampiero AlbertiniPiero Lulli

LES CAMARADES (VERSION RESTAURÉE)

125 mn

Note de SensCritique :

7.5 / 10
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Réalisateur : Mario Monicelli.

Casting : Annie Girardot, Folco Lulli, Marcello Mastroianni, Renato Salvatori, Vittorio Sanipoli, Bernard Blier, François Périer, Gabriella Giorgelli, Kenneth Kove, Mario Pisu, Raffaella Carrà, Anna Di Silvio, Giampiero Albertini. Piero Lulli

Synopsis : En 1905, dans une fabrique textile de Turin, les ouvriers, soumis à un rythme de travail infernal, voient se multiplier les accidents. Trois d'entre eux entrent en conflit avec le contremaître. Il est alors décidé, en guise de protestation, que tous partiront une heure plus tôt ce soir-là...

Scénario : Agenore Incrocci, Furio Scarpelli, Mario Monicelli.
Musique : Carlo Rustichelli.
Pays : France|Italie|Yougoslavie
Tags : Drame, Editions Originales, Politique, Ouvriers.

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Réalisé en 1963 par Mario Monicelli, l’un des maîtres de la comédie italienne, écrit avec ses scénaristes habituels Age et Scarpelli, Les Camarades ne se départit jamais du sens du détail grotesque qui avait fait le succès du Pigeon, mais il s’agit d’abord d’un grand drame social qui s’inspire d’une des premières grèves d’ampleur qui déchira l’Italie du Nord en 1905, quand le pays s’industrialisait.

Nous sommes à Turin, une usine de filature. Les conditions de travail sont difficiles. « Quatorze heures de machine et une demi-heure pour bouffer », dit un ouvrier. Le début est d’un réalisme accablant et blafard. On imagine mal le film en couleurs, photographié, dans des nuances de gris, par Giuseppe Rotunno, avec lequel Monicelli avait tourné La Grande Guerre. Le lever à cinq heures et demie d’un adolescent, qui rejoint la masse des ouvriers, l’agression sonore des machines, la cour boueuse, la sirène de la reprise, jusqu’à l’accident du travail qui déclenche la prise de conscience du groupe. L’arrivée d’un professeur socialiste, recherché par la police, fédère la révolte et déclenche une grève dure, une lutte contre un patronat sourd, paternaliste et sans pitié.

La puissance de Monicelli tient dans l’absence de misérabilisme et de manichéisme. Il s’attache aux détails, fouille les personnages, tous précis jusqu’à la moindre silhouette, et trouve dans la mise en scène des idées qui soulignent les rapports de force et pointent la difficulté de l’individu à exister face au groupe. Sa tendresse va aux solitaires, que ce soit l’ouvrier sicilien vivant dans un taudis et refusant la grève ou la fille d’ouvrier, incarnée par Annie Girardot, qui a fui le déterminisme social et l’usine pour être une prostituée de luxe, rejetée par son père. Sa férocité se déploie sur les puissants, avec une verve grinçante, mais le portrait de l’agitateur intellectuel est aussi critique, auquel Marcello Mastroianni apporte des nuances subtiles et pas forcément glorieuses.

« Ce que je voulais dire, c’est que, comme celles d’aujourd’hui, les luttes ouvrières de cette époque avaient des motivations élémentaires ; je voulais dire aussi que la défaite n’est jamais totale, qu’elle sert à cimenter, à faire comprendre ce que veut dire lutter ensemble. » Dans un entretien paru dans Positif, Mario Monicelli revenait en ces termes sur Les Camarades. La fin, qui marque la défaite des ouvriers, annonce le prolongement des luttes. Désormais riche d’une conscience politique, Renato Salvatori, prenant le train, devient à son tour un nouveau professeur, prêt à débarquer, comme Mastroianni, dans une autre ville.

Le cinéaste se montre brillant par d’autres parallèles, parfois réjouissants. Aux séquences humiliantes au cours desquelles les représentants des ouvriers sont reçus par le patron et son adjoint répondent celle de la convocation des directeurs par le vieux chef d’industrie, tout aussi humiliante. Une séquence acerbe, digne de la comédie italienne. Monicelli étend même son étude des rapports de force sur la classe ouvrière qui ne peut se prendre en main que par les discours enflammés du professeur. Si le film doit son réalisme à un tournage dans le Piémont, les scènes d’usine et quelques extérieurs ont été effectués à Zagreb, en Croatie.

Troisième pays coproducteur avec l’Italie et la Yougoslavie, la France est représentée par la Méditerranée Cinéma, dirigée par Georges Cheyko, producteur d’origine russe qui avait été un partenaire de Marius Lesoeur sur de modestes séries B policières avant de montrer plus d’ambitions avec Christian-Jaque dont il produisit Les Bonnes Causes et La Tulipe noire. On lui devra surtout d’aider Jean-Pierre Mocky sur La Grande Lessive (!). Cet apport français témoigne de la vitalité des relations entre le cinéma français et italien. Annie Girardot, qui avait déjà joué dans Rocco et ses frères en 1960, tournait la même année dans Le Mari de la femme à barbe de Marco Ferreri. Mais surtout Bernard Blier était devenu très populaire en Italie, notamment grâce à Monicelli qui l’avait engagé en 1959 dans La Grande Guerre et qu’il retrouvera à six reprises encore, en particulier dans Mes chers amis. Sous la direction de Carlo Lizzani, Mario Camerini, Luigi Comencini, Dino Risi, Riccardo Freda ou encore Ettore Scola, le comédien trouva souvent des rôles plus diversifiés que ceux que le cinéma commercial français aimait lui confier.

Les premières images nous mettent rapidement dans l'ambiance : l'univers entrevu nous apparaît effroyablement sombre et glacial ; le noir et blanc, quant à lui, installe immédiatement une atmosphère pesante et poisseuse qui ne se fera jamais démentir... Nous sommes ...

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7
Kalopani

Tragédie sociale au ton résolumment réaliste et gauchiste. Et donc un film politique qui aborde la thématique de l'exploitation des ouvriers de manière frontale. J'étais plus porté à voir dans le cinéma de Monicelli une tonalité légère et enjouée. Encore que La grande ...

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8
Alligator

Misère du monde sans lendemains chantants

Ce film extraordinaire pourrait engager des tas de discussions pour en toucher les aspects divers ! On aimerait jubiler devant un DVD de meilleure qualité, comportant une VOST, et additionner, sans réticence sur la qualité du produit édité, les remarques sur le talent de Monicelli ...

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8
Impétueux
 
le contexte
  • Egalement interprété par
    Marcello Mastroianni
  • Pas si éloigné
    d'Elio Petri, 1971. Un autre classique du cinéma italien qui s'ouvre identiquement sur un accident du travail en usine et débouche sur une grève
  • Egalement realisé par
    Mario Monicelli
  • Dans le même genre
    La même année, Yves Allégret tourne une autre coproduction franco-italienne sur le monde ouvrier exploité. Cette fois, Bernard Blier est dans le camp de patronat, il incarne le directeur de la mine.
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