ON NE MEURT QUE DEUX FOIS

À partir de 2.99 €
Pour les ultimes dialogues (ou presque) de Michel Audiard, déclamés par Serrault bien sûr
Policier / Suspense - 1985 - France - 102 MIN - VF - Tous publics

L’inspecteur Staniland enquête sur un cadavre retrouvé prés d’une voie ferrée à proximité de la Porte de pantin. Il ne s’agit pas du corps d’un clochard mais celui d’un musicien de renom, Charly Berliner. Au domicile de celui-ci, Staniland retrouve de nombreuses cassettes audio enregistrées par Berliner dans lesquelles il témoigne de sa passion dévorante pour une femme, Barbara. Cette même Barbara qui apparaît un soir et déclare que c’est elle qui a commis le meurtre. Troublé par elle et par son aveu Staniland ne s’en plonge que davantage dans les cassettes de Berliner à qui il finit par s’identifier.

Réalisé par

6 / 10
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Les avis surSens Critique
Jean Ollé-Laprune
Jean Ollé-Laprune
CHRONIQUEUR

C’est un film sombre, c’est un film noir, très noir. C’est aussi un film posthume. Le 9 octobre 1985, On ne meurt que deux fois sort les écrans parisiens. Quelques mois plus tôt, à la fin du mois de juillet, son scénariste et dialoguistes Michel Audiard, celui qui avait écrit jadis le Cave se rebiffe, Un singe en hiver ou un taxi pour Tobrouk ou disparaissait, emporté par le cancer. Le scénariste du film mais aussi son initiateur. Car c’est Audiard lui même qui avait acheté les droits du roman de Robin Cook paru en 1983 dans la série Noire. L’histoire d’un flic, Staniland, qui s’intéresse au mystérieux cadavre d’un musicien retrouvé sur les voies ferrées de la porte de Pantin. Un mort auquel Staniland s’identifie petit à petit.

C’est pendant le Festival de Cognac qu’Audiard parle pour la première fois du livre et du projet au metteur en scène Jacques Deray, celui qui a signé entre autres Borsalino et la Piscine, aussi un fou de polar. Les deux hommes avaient travaillé ensemble quelques années plus tôt sur un Belmondo, Le Marginal, un souvenir mitigé pour Audiard qui avait demandé que son nom soit retiré de l’affiche et du film. En fait avec On ne meurt que deux fois, Audiard veut compléter une sorte de trilogie  qu’il avait entamée avec Michel Serrault au centre, inaugurée par Garde à Vue, prolongé par Mortelle Randonnée, et avec Claude Miller à la réalisation dans le deux cas. Audiard en avait soigné la noirceur et l’amertume profonde. Jacques Deray, homme discret pour ne pas dire secret, va lui aussi s’investir dans On ne ne meurt que deux fois, parfois de façon anecdotique, en ouvrant par exemple le film sur un panneau lumineux marqué Métropolis, un hommage à un de ses films préféré. On lui doit aussi l’idée de faire appel à Charlotte Rampling, ce qui au début effraie Audiard qui craint que l’accent de celle-ci altère ses dialogues.

On doit surtout à Deray toutes les variations du autour de l’ambigüité et la perversité subtile qui anime le film du début jusqu’à son épilogue. « Je me suis beaucoup exposé,confiera Deray de façon inhabituelle ». Très malade, Michel Audiard aura, lui, le temps de voir le film achevé avant sa disparition, et s’en déclarera heureux.

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