UNE FEMME DOUCE

À partir de 9.99 €
Drame - 2017 - France|Russie - 137 MIN - VO - HD - Tous publics
Une femme reçoit un jour par retour de courrier un colis qu'elle avait envoyé à son mari, qui purge une longue peine de prison. Après avoir tenté, sans grand succès, d'obtenir une explication auprès des services de la poste, elle n'a pas d'autre choix que de se rendre elle-même à la prison...

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5.5 / 10
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Les avis sur Sens Critique
Alex Masson
Alex Masson
CHRONIQUEUR

Le titre du film de Sergeï Loznitsa est trompeur. Cette épopée d'une femme dans la Russie profonde actuelle est tout sauf doux. Connu pour un regard frontal sur son pays dans ses documentaires rédigeant un implacable état des lieux, le réalisateur convoque certaines sources de la littérature russe pour prolonger dans une fiction son étude du chaos.

Dostoievski d'abord, auquel Une femme douce reprend le titre d'un texte, mais aussi Gogol ou Boulgakov, pour le sens de l'absurde ou du désespoir. L'héroïne n'a pas de nom, on pourrait lui donner celui de Candide, tant elle découvre d'étapes en étapes le fonctionnement bureaucratique de la Russie.

Elle persiste pourtant dans sa démarche, mue par l'inébranlable volonté de revoir son mari prisonnier, accrochée au colis qu’elle veut lui remettre, comme à une bouée de sauvetage pour surnager dans un monde fait d'obstacles kafkaïens. Loznitsa les transforme en farce tragique, glissant d'un saisissant réalisme à un puissant surréalisme bunuelien.  Peut-être parce qu’une fable noire est le seul moyen d’exprimer le cauchemar d’une Russie contemporaine, revenue au bon vouloir des Tsars.

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