Bande Annonce de La traversée de ParisDécouvrez la bande Annonce de La traversée de Paris sur FilmoTVhttp:////content.filmotv.fr/elts/programmes/4418/fond/4418_w_500.jpg
Claude Autant-Lara
BourvilJean GabinLouis de FunèsGeorgette AnysHugues WannerJacques MarinJean DunotJeannette BattiLaurence BadieMonette DineyMyno BurneyRobert Arnoux

La traversée de Paris

80 mn

Note de SensCritique :

7.4 / 10
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Réalisateur : Claude Autant-Lara.

Casting : Bourvil, Jean Gabin, Louis de Funès, Georgette Anys, Hugues Wanner, Jacques Marin, Jean Dunot, Jeannette Batti, Laurence Badie, Monette Diney, Myno Burney. Robert Arnoux

Synopsis : Paris, 1942. Ancien chauffeur de taxi au chômage, Marcel Martin transporte des valises remplies de viande de porc pour le marché noir. Seul depuis l’arrestation de son habituel complice, il propose à un inconnu de l’accompagner. L’inconnu se nomme Grandgil, c’est un artiste peintre qui ne se laisse pas faire, qui refuse la médiocrité ambiante et qui s’oppose souvent à Martin. Entre la rue Poliveau et la rue Lepic, sur les trottoirs parisiens, dans les cafés, derrière les portes cochères et même à la Kommandantur, Martin et Grandgil vont traverser Paris et passer une nuit... inoubliable.

Scénario : Jean Aurenche, Pierre Bost.
Musique : René Cloërec.
Pays : France | Italie
Tags : Drame, Buddy movie.

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Ecrivain, dramaturge et nouvelliste bourguignon né au tout début du 20e siècle, Marcel Aymé fit paraître en 1947 le Vin de Paris, un recueil de huit nouvelles ayant pour thème le Paris de l’Occupation allemande. Parmi ces nouvelles, la Grâce, que Pierre Tchernia adaptera pour la télévision en 1979, et Traversée de Paris, que Claude Autant-Lara portera à l’écran en 1956, avec Jean Gabin et Bourvil.

A cette époque, Gabin ne cessait de tourner – 13 films en trois ans – et non des moindres : Touchez pas au grisbi, French Cancan ou encore Voici le temps des assassins. C’est sa première rencontre avec le cinéaste, qu’il retrouvera deux ans plus tard pour En cas de malheur. C’est aussi sa première rencontre avec Bourvil, qu’il retrouvera, deux ans plus tard également, dans les Misérables de Jean-Paul Le Chanois, lui en Jean Valjean, Bourvil en Thénardier. A deux autres reprises Claude Autant-Lara dirigera Bourvil, d’abord en 1959 avec la Jument verte (autre nouvelle de Marcel Aymé) puis en 1963 avec le Magot de Josefa.

Voici donc la Traversée de Paris, prix du syndicat de la critique, Coupe Volpi du meilleur acteur pour Bourvil à la biennale de Venise 1956 et dont François Truffaut, encore critique et habituel pourfendeur du cinéma d’Autant-Lara, dira le plus grand bien en septembre 1956 dans les colonnes du magazine Arts : « Vingt ans après avoir débuté dans la mise en scène, Claude Autant-Lara a enfin trouvé sa vraie voie », assure-t-il, qualifiant même son aîné de « Ionesco du cinéma ».  

Ainsi s’achève la Traversée de Paris, c'est-à-dire pas du tout comme la nouvelle de Marcel Aymé dans laquelle, lorsque Martin découvrait que Grandgil était un peintre qui gagnait plutôt bien sa vie et qu’il ne l’avait accompagné dans cette virée nocturne que par pur cynisme, il devenait fou furieux et le tuait d’un coup de couteau avant d’aller se livrer à la police. Malgré cette fin moins sombre, imposée à Claude Autant-Lara, Marcel Aymé fut enthousiasmé par le film. Et pourtant, avant le tournage, il trouvait que Gabin était trop vieux pour le rôle et que Bernard Blier serait bien meilleur que Bourvil. C’est ainsi qu’il adressa au réalisateur une lettre étonnante : « Monsieur, j’ai lu dans les journaux que les interprètes principaux de la Traversée de Paris devaient être Gabin et Bourvil et j’ai cru à une farce. [...] Bourvil pourra y aller de toutes ses bonnes ficelles [...], il ne sera qu’insignifiant. »

Malgré les pressions conjuguées de Marcel Aymé et d’Henry Deutschmeister – le producteur qui ne voulait pas non plus entendre parler de Bourvil et qui ne croyait pas beaucoup au succès du film –, Autant-Lara tint bon et préféra réduire considérablement le budget, en abandonnant, entre autres, la couleur au profit d’un noir et blanc très contrasté et très inquiétant, afin d’être libre d’engager Bourvil. Il avait évidemment raison et, en octobre 1956, après la sortie du film, le ton du courrier qu’il reçut de Marcel Aymé était tout autre : « Merci de ce que vous avez fait. C’est vraiment la toute première fois qu’on ait fait au cinéma quelque chose tiré d’un de mes livres qui soit non seulement bien, mais d’une très grande qualité. »

Outre Louis de Funès, inoubliable « Jambier-45-rue-Poliveau », qui deviendra vedette grâce à Ni vu ni connu d’Yves Robert, deux ans plus tard, on reconnaît dans la Traversée de Paris une réjouissante brochette de seconds rôles, parmi lesquels : Jacques Marin, le patron de café, Laurence Badie, la serveuse qui apporte les rognons de porc, Bernard La Jarrige, l’agent de police assommé par Gabin, Georgette Anys, la patronne du café où le même Gabin lance son fameux « Salauds de pauvres ! », mais aussi, à 24 ans, en jeune patriote, tout de même intéressée par le marché noir, Anouk Ferjac, future épouse de Jean Yanne dans Que la bête meurt de Claude Chabrol, ainsi que Jeannette Batti, dans le rôle de Mariette Martin, l’épouse de Bourvil. Déjà vue dans une vingtaine de films, dont Macadam de Jacques Feyder et la Fête à Henriette de Julien Duvivier, Jeannette Batti achèvera discrètement sa carrière en 1982 dans le Père Noël est une ordure de Jean-Marie Poiré. C’est assez bref, mais on l’aperçoit durant le minable réveillon organisé par le rustre papa de Katia, jeune travesti introverti, alias Christian Clavier, en partance pour « SOS Détresse-Amitié ».

Du lard et des cochons : le Glaude au temps des rats !

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socrate

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Gérard Rocher

"Salauds de pauvres !"

La traversée de Paris est une tromperie, un film-piège. La présence au générique de trois monstres sacrés des comédies, Jean Gabin (Grandgil), Bourvil (Marcel Martin) et Louis de Funès ; qui avec l’épicier Jambier inaugure ce qui sera son rôle, le petit patron ...

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